Article DNA du 10/09/10
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Sport / Ultra Trail du Mont Blanc
Magnifique performance

Emmanuel Parentin au départ de Courmayeur. (Document remis)
Les conditions climatiques épouvantables lors de la 8e édition de l'Ultra Trail du Mont Blanc ont contraint les organisateurs à arrêter trois des quatre épreuves, ne laissant terminer qu'un tiers des 1 825 ultratrailers engagés dans la difficile course Courmayeur-Champex-Chamonix (C.C.C.) où le Thannois Emmanuel Parentin s'est classé 132e.
Après avoir écouté, non sans émotion, les hymnes italien, suisse et français, Emmanuel Parentin s'élance sur la ligne de départ de la C.C.C. sous une pluie battante depuis la petite ville italienne de Courmayeur, pour parcourir les 98 km de l'une des plus prestigieuse course du monde, unique en son genre avec 5 600 m de dénivelés positifs. Après 1 h 30 de course et une petite halte au refuge Bertone, Emmanuel repart pour l'ascension de la Tête de la Tronche culminant à 2 584 m.
Puis c'est la descente extrêmement raide et glissante dans le froid et le vent au milieu de vaches et de fermes. L'endroit très boueux vaut une première chute sans gravité au Thannois qui s'en sort avec quelques égratignures au coude et à la main gauche. Après trois heures d'efforts et quelques brèves éclaircies, un orage éclate et la pluie redouble. Peu importe, Emmanuel se sent bien physiquement, s'alimentant sans trop charger son estomac et s'hydratant régulièrement pour éviter l'hypoglycémie. Puis il faut gravir de nouvelles ascensions mais surtout les descentes rendues très dangereuses par la pluie et le brouillard.
Courage et volonté
Emmanuel Parentin tombe à plusieurs reprises dans les descentes et ses genoux le font de plus en plus souffrir après une nouvelle chute survenue à vingt kilomètres de l'arrivée où son genou gauche percute un rocher. Peu importe, il est inconcevable pour lui d'envisager d'abandonner après une année de préparation intense et tant d'efforts consentis. Les encouragements des courageux spectateurs et des 1 700 bénévoles le boostent ! La traversée de Chamonix lui semble interminable mais il s'efforce de trottiner jusqu'à la ligne d'arrivée qu'il franchit après 17 heures et 2 minutes de course, se classant 132e sur 547 concurrents ayant bouclé l'épreuve sur les 1 825 engagés au départ.
- DNA : Envisagez-vous une nouvelle participation à l'édition 2011 ?
- Emmanuel Parentin : Non seulement je vais m'entraîner pour cette épreuve dès que je le pourrai, car je garde de sérieuses séquelles de la C.C.C. qui m'obligent au repos durant un mois, mais je vais m'inscrire pour l'Ultra Trail du Mont Blanc, l'épreuve la plus difficile avec ses 166 kilomètres et 9 500 mètres de dénivelés positifs. J'envisage aussi de courir les marathons de Paris et New York en 2011 et participerai également au trail d'Orbey qui représente un bon entraînement. J'aimerais aussi courir la diagonale des fous à la Réunion car cet ultra trail reste l'un des plus durs du monde.
- DNA : Que retenez-vous de votre participation à la C.C.C. ?
- E.M. : Cette première expérience m'a beaucoup appris. Je ne pense pas connaître de pires conditions atmosphériques à l'avenir. Cette année, c'était infernal dès le départ avec la pluie, le vent, les orages, les torrents d'eau sur le parcours. Vraiment tous les éléments étaient contre les coureurs. Ils étaient nombreux à grelotter, transis, malgré leur couverture de survie, lors des haltes dans les refuges. Je ferai plus attention dans les descentes car je voulais aller trop vite et cela m'a valu plusieurs chutes. Par contre, je me sentais bien au niveau musculaire et n'ai pas ressenti trop de fatigue. J'ai plus souffert de mes blessures surtout sur la fin du parcours. Le secret pour terminer ce genre d'épreuve, réside dans une préparation sérieuse, une bonne alimentation et surtout une hydratation régulière.
- DNA : Pouvez-vous décrire l'ambiance entre coureurs ?
- E.M. : Le fait que l'Ultra Trail du Mont Blanc soit un championnat du monde officieux, seuls les dix premiers ont un esprit de compétition. Une grande solidarité existe entre les coureurs qui n'hésitent pas à s'encourager surtout dans les passes difficiles. Une soixantaine de nationalités est représentée avec une forte délégation des États-Unis et du Japon mais surtout de coureurs suisses, italiens et français. Cela permet des rencontres intéressantes. Je n'oublierai pas la grande déception sur les visages des sportifs ayant appris l'annulation des épreuves. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'une course a été organisée le dimanche pour atténuer leur frustration.
Ph.Z.
© Dernières Nouvelles D'alsace, Vendredi 10 Septembre 2010. - Tous droits de reproduction réservés
